vendredi 8 mars 2013

Le point d'inflexion



Il devient de plus en plus clair que les programmes d'activité physique représentent une bonne partie de la solution pour diminuer, voire enrayer complètement la douleur chronique. Bien que nous ayons une bonne compréhension du phénomène de la douleur et que l'on commence à observer l'implication de la dimension psychosociale dans le processus de chronicité, la raison pour laquelle la pratique d'activité physique aide autant reste obscure.

Parmi les explications les plus plausibles, l'on retrouve l'hypothèse que l'augmentation de la quantité d'activité physique aiderait à améliorer la condition physique de l'individu et lui permettrait donc d'accomplir les tâches de la vie quotidienne sans trop se fatiguer, diminuant ainsi l'intensité de la douleur et les craintes qui y sont reliées (kinésiophobie).


Pour une personne aux prises avec la douleur chronique, il peut sembler contradictoire que la pratique d'une activité causant de la douleur en court terme aiderait à diminuer cette douleur à long terme. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les personnes souffrant de douleur chronique tendent à être sceptiques quant aux programmes de réactivation proposés par certains centres de réadaptation.

En fait, la solution réside dans le dosage de l'activité physique et dans la capacité d'une personne à reconnaître le moment où un exercice devient trop demandant. Ce point où une activité devient trop intense et pourrait augmenter la douleur aiguë d'un individu se nomme "point d'inflexion".


L'activité physique qui est prescrite à une personne aux prises avec de la douleur chronique devra donc être assez soutenue pour que l'individu améliore sa condition physique, sans toutefois dépasser le point d'inflexion. Ce dernier étant propre à chacun, il revient aussi au patient d'apprendre à reconnaître les signes d'un effort trop intense pouvant mener à une augmentation drastique des symptômes. Le but du programme de réactivation sera alors de repousser ce point d'inflexion et ainsi diminuer la douleur pour un effort de même intensité.

Finalement, le concept de point d'inflexion est si important qu'il deviendrait pratiquement plus important dans la prescription d'activité physique que le type d'exercice prescrit. L'activité doit donc être suspendue lorsque la douleur commence à augmenter trop rapidement, ce qui n'aidera en rien la progression du patient. À long terme, cette précaution diminuera la douleur pour un effort similaire, ce qui représente le plus bel accomplissement qu'une personne aux prises avec de la douleur chronique pourrait souhaiter.

Références


Pour en savoir plus

About Kids Health: http://www.aboutkidshealth.ca

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